Nangui Djorogo Sévérin prend le pouvoir à Anono
Le combat fut épique et héroïque, mais la sagesse et la fraternité légendaire du peuple Atchan a triomphé des esprits chagrins. Dougbô et Tchagba autrefois à couteau tiré sur la succession de la chefferie dans le village d’Anono, ont fini par fumer le calumet de la paix. Aujourd’hui ayant tous les leviers en main, les Tchagba se sont choisi un chef en la personne de Nangui Djorogo Sévérin, présenté officiellement le vendredi dernier.
Anciennement porte-parole du village, le nouveau chef d’Anono est un homme du sérail. Rompu à la pure tradition Atchan, il se fait appeler affectueusement, Osei Tutu, du nom du célèbre roi Ashanti de la seconde moitié du 17ème siècle dont il se réclame. La cérémonie de présentation du nouveau chef du village d’Anono qui s’est tenue très tôt le matin -c’est la tradition- fut sobre mais rempli de symboles. Après quelques instants de suspens avant de dévoiler le nom du chef, l’orateur du jour a tenu à faire la précision suivante : «on n’a pas besoin d’un chef intellectuel à la tête du village. Le doyen d’âge va prier pour que vous sachiez qu’on a un seul chef, Nangui Djorogo Sévérin», a-t-il indiqué sous les hourras de ses promotionnaires. Puis le doyen d’âge, Alouê Jacques, de lui prodiguer des bénédictions dans la réussite de sa tâche. Avant que le porte-parole principal du village ne lui prodiguât les conseils d’usages, à l’unisson, ils élevèrent dans une harmonie symphonique et mélodieuse, une chanson de guerre, comme pour indiquer a-t-on appris plus tard, que la hache de guerre a été enterrée définitivement. Lorsqu’il lui revient de prendre la parole, le chef Osei Tutu prononcera un discours rassembleur. Au point de s’engager à aller rencontrer les sages du village pour que chacun puisse laisser derrière soit, les incompréhensions d’hier. Mieux, au-delà des paroles, la nouvelle équipe dirigeante dont nous avons eu l’occasion de rencontrer certains, renferme la crème des talents et connaissances Atchan d’Anono. Avec pour chef de cabinet, Aymar Aga, communicateur et tour de garde de la chefferie, Michel Abléké, grand intellectuel, polyglotte et notable… il n’y a pas de raison que le règne d’Osei Tutu ne reste graver dans le marbre de cette communauté villageoise qui ne demande que le meilleur pour elle.
Aymar Dedi












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